
La désignation du conducteur : le principe
Après un flash de radar automatique, l'avis de contravention est adressé au titulaire de la carte grise, qui n'est pas forcément la personne qui conduisait. La loi lui permet alors de désigner le conducteur réel, qui recevra un nouvel avis et perdra les points. C'est parfaitement légal lorsque la désignation est exacte.
Le problème commence quand on désigne une autre personne que le vrai conducteur : un conjoint sans infraction, un parent qui ne conduit plus, un ami qui « a des points à revendre ». Cette pratique, très répandue, est une fraude.
Ce que risque une fausse désignation
Plusieurs textes peuvent s'appliquer, selon les circonstances :
| Situation | Peine maximale |
|---|---|
| Renseignements inexacts donnés pour obtenir l'exonération (article R49-19 du Code de procédure pénale) | Contravention de 5e classe : 1 500 € |
| Fausse déclaration constitutive d'un faux (article 441-1 du Code pénal) | 3 ans et 45 000 € |
| Prendre le nom d'un tiers qui pourrait de ce fait être poursuivi (article 434-23 du Code pénal) | 5 ans et 75 000 € |
Ces peines s'ajoutent à celles de l'infraction routière d'origine. Le choix de la qualification appartient au parquet.
Concrètement, des tribunaux condamnent régulièrement ces fausses désignations. Selon la presse locale, des conductrices ont été condamnées à Montpellier en 2021 à 2 400 € et 3 000 € d'amende, et une audience dans l'Aude, en 2022, a jugé en une matinée une dizaine de prévenus, certains conducteurs ayant été désignés plusieurs centaines de fois.
Cet article donne une information générale, pas un conseil juridique. Pour une situation personnelle, notamment en cas de poursuites, rapprochez-vous d'un avocat.
Acheter ou vendre des points : un délit spécifique
Depuis le 30 septembre 2021, l'article L223-9 du Code de la route sanctionne spécifiquement le commerce de points. Il punit de 6 mois d'emprisonnement et 15 000 € d'amende :
- celui qui propose ou verse une rémunération pour qu'un tiers accepte d'être désigné à sa place ;
- celui qui propose ou accepte, contre rémunération, d'être désigné comme conducteur.
Les peines passent à 1 an et 30 000 € lorsque les faits sont habituels ou passent par une annonce diffusée au public, par exemple sur internet. Une suspension du permis jusqu'à 3 ans peut s'y ajouter. La personne qui « vend » ses points est donc poursuivie au même titre que celle qui les achète.
Des fraudes de plus en plus repérées
Le ministère de l'Intérieur a recensé plus de 5 100 faits d'usurpation d'identité destinés à éviter une sanction en 2023, et près de 5 000 en 2024. Les recoupements se multiplient : photos des radars, désignations répétées d'une même personne, conducteurs désignés qui ne possèdent aucun véhicule.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé en 2023 la création d'un délit spécifique de désignation frauduleuse, qui nécessite une loi. À notre connaissance, il n'était pas encore entré en vigueur en octobre 2026, mais les textes existants suffisent déjà à poursuivre.

Et pour les véhicules de société ?
Lorsque le véhicule appartient à une entreprise, la règle est inverse : le représentant légal est obligé de désigner le salarié qui conduisait, dans un délai de 45 jours (article L121-6 du Code de la route).
À défaut, la société encourt une amende forfaitaire de 675 € (jusqu'à 3 750 € devant le juge) et son représentant légal jusqu'à 750 €, en plus de l'amende de l'infraction elle-même. Pour le salarié désigné, le retrait de points s'applique normalement.
La seule solution légale : récupérer ses points
Assumer l'infraction coûte des points, mais ces points se récupèrent : jusqu'à 4 avec un stage de deux jours, une fois par an, ou automatiquement après une période sans infraction. Une fausse désignation, elle, peut coûter bien plus cher que les points qu'elle prétendait sauver.
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Trouver mon stageQuestions fréquentes
Puis-je désigner mon conjoint s'il conduisait vraiment ?
Oui. Désigner le conducteur réel est un droit, et même une obligation pour les véhicules de société. Seule la désignation d'une personne qui ne conduisait pas est une fraude.
Mon proche est d'accord pour prendre mes points, est-ce légal ?
Non. Son accord ne rend pas la désignation exacte : il s'agit toujours d'une fausse déclaration, et s'il y a une contrepartie, d'un délit puni de 6 mois d'emprisonnement et 15 000 € d'amende pour chacun.
Informations vérifiées en octobre 2026 à partir du Code de la route et des publications officielles. Seuls les textes officiels font foi.


